Dondas en pays de Serres

Tous les héritages du Pays de Serres datent de l’ère tertiaire, période durant laquelle la structure du paysage s’est mise en place.
Il est possible de déterminer 3 unités paysagères différenciées dans le Pays de Serres: le plateau, des versants ou des pentes et des fonds de vallée.

LES SERRES sont des plateaux calcaires fortement découpés, longs et étroits; sur ces sols, les cultures de céréales se sont installées, très souvent à la faveur de grandes parcelles. Les boisements, les structures végétales et arbres isolés sont peu présents et même rares sur ces plateaux calcaires.
LES COSTES OU LES VERSANTS sont constitués de terreforts lourds, argileux et difficiles à travailler.
LES RIBIÈRES OU FONDS DE VALLÉE sont, aujourd’hui, des paysages voués à de grandes parcelles céréalières, utilisant l’eau des cours d’eau pour irriguer. Beaucoup de cours d’eau sont signalés par des alignements de peupliers et certaines parcelles sont occupées par des peupleraies. Ces fonds de vallée peuvent être envahis lors de forts épisodes pluvieux (vallée de la Gandaille, de la Séoune, les béganes).

Les premières traces d’une occupation humaine datent du mégalithique (-6000 avant JC) dans les environs de TAYRAC.
Jusqu’à la fin du Moyen Age chaque société laisse sa trace dans le paysage par l’intermédiaire d’oppidums, de souterrains refuges, de chapelles des premiers chrétiens, de sauvetés, de bastides, de nombreuses fortifications.

Mais cette occupation humaine reste avant toute chose rurale.

De cette manière l’exploitation traditionnelle se divise en différentes parcelles, chaque exploitant possédant des terrains sur le plateau, les versants et les fonds de vallées.

Le schéma du paysage traditionnel du Pays de Serres se traduit par une extrême polyculture avec un plateau céréalier, des versants plantés de vignes et de vergers et un fond de vallée voué à l’élevage à travers de nombreuses prairies de fauche et de pâturages.

Cette diversité de terroirs se traduit par un habitat très diffus sous forme de MAYNES: hameau et BORDES: maison isolée des ribières. LES MAYNES sont très souvent situés à la frontière entre le plateau et la coste, sur la corniche calcaire où se trouve l’eau qui une fois traversée la dalle calcaire rejaillit en plusieurs sources (servant à l’approvisionnement de l’habitat).

LE PAYS DE SERRES n’a pas de centres urbains de grande importance mais une multiplicité de centres villageois (installés sur le rebord du plateau: BEAUVILLE). Peu de bastides en Pays de Serres (datant du XVIIIe siècle situées sur des pechs ou des buttes comme PUYMIROL) mais des sauvetés (SAUVETAT-DE-SAVERÈS, SAINT-MAURIN). L’abbaye de SAINT-MAURIN à partir du XIe siècle colonise toute la région des serres qui l’entoure: 9 villages sont fondés par elle.

Ces communautés villageoises sans village pouvaient toutes se reconnaître dans une paroisse qui s’ancrait dans le paysage grâce à la magie d’une église isolée GLEYZOTTE rythmant les distances. Ces petites églises isolées sont romanes et occupent un point central accessible et visible de partout (Saint-Julien-de-la-Serre).